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Le Numéro 65 du 10 octobre 2017: Le Sommaire

Article 1 : La Filière du Thé et sa Structure

Article 2 : De retour de la Gwangju Tea Convention
                  Portrait du Prof . Keun-Hyung Park

Article 3 : Thés blancs, feuilles élégantes aux nombreuses vertus

Article 4 : Le Breakfast tea se renouvelle


Article 5 : Les motivations des Buveurs de Thé

Article 6 : La Tea Masters Cup International, voici les gagnants du 3e Championnat



No 65 Art.1 La Filière du Thé et sa structure, en France, dans l’UE, dans le Monde

Le thé est un produit agricole et fait partie des plantes aux propriétés stimulantes les plus consommées, ensemble avec le café et le cacao. Donc nous n’en avons pas besoin pour nous nourrir ni pour survivre, mais ces plantes une fois transformées et dans la tasse, nous procurent un confort important par leur effet sur les neurones et le mental et leur goût agréable.  Comme pour le café et le cacao les pays producteurs se trouvent dans la zone climatique qui s’étend entre le tropique du cancer au nord et celui du capricorne au sud, avec des températures et précipitations suffisantes pour que les théiers puissent prospérer.
Soumis aux aléas de la météo et à une forte concurrence internationale l’économie du thé n’évolue pas de manière linéaire et la rémunération correcte des millions de petits producteurs est un enjeu important qui pose un vrai problème depuis une trentaine d’années.
Qui gère, qui décide, qui peut répondre aux demandes des producteurs et aux questions des consommateurs ?
En France c’est le Syndicat du Thé et des Plantes à Infusion, STEPI, qui représente la filière professionnelle vis-à-vis des instances administratives, son président actuel est M.Loic Le Saint, de Foods International, et on peut consulter le site web pour prendre connaissance de la liste des sociétés adhérentes, s’informer sur ses activités et les données de base du marché.
Pour assurer la promotion de thé, il y a le Comité Français du Thé- CFT- crée en 1960 par les importateurs, et dont le Président est M. Olivier Scala, de Thés G.Cannon.
Le STEPI est lui-même affilié à la Fédération Européenne du Thé et des Infusions, 
La "Tea and Herbal Infusions Europe"-THIE
qui représente la filière auprès des instances de la Commission de Bruxelles et de la FAO, des instances gouvernementales et puis auprès du Codex et de l’ISO, qui sont des ONG internationales. Sur son site on trouve les coordonnés des autres fédérations nationales adhérentes et plusieurs documents extrêmement complets concernant les aspects réglementaires, les définitions, l’étiquetage, les teneurs en pesticides autorisées etc. Ce "Compendium" est rédigé en anglais, sa lecture est très informative.
La FAO, installée à Rome (It) est une instance de l’ONU, et donc un organisme intergouvernemental ; elle est en charge du marché global du thé au moyen d’un groupe nommé l’IGG Tea, qui se réunit en session plénière tous les 18/24 mois et en session intermédiaire tous les ans. Son nouveau patron, Jean Luc Mastaki Namegabe, PhD, est originaire du Congo ; 
depuis fin 2016 il remplace Kaison Chang, qui lui était originaire des Iles Fidji. Le procès-verbal de la dernière session, qui a eu lieu à Colombo au Sri Lanka, les 12 et 13 août 2017 fait état de quelques avancées dans quelques-unes des groupes de travail dont notamment le besoin d’améliorer  la collecte des données statistiques.
sur ce site on peut  trouver aussi de nombreuses études et documents utiles.
L’ISO a un groupe scientifique, qui se penche sur le thé depuis bientôt 50 ans , l’ISO TC34 SC8 et a adopté de nombreuses méthodes d’analyse, dans le but de garantir la qualité et l’authenticité des divers thés et de préserver une concurrence loyale . Parmi les derniers documents édités figure le rapport technique sur la définition des thés blancs – voir aussi l’article 3 de ce même numéro ; depuis juin 2015 les experts se penchent sur une définition du thé matcha, un dossier très complexe. 

Au sein des travaux du CODEX le thé est concerné par le groupe de travail sur les pesticides, qui est présidé par la Chine et qui ouvre ses portes aux experts agrées.



Et puis il y a une structure de droit privé, le International Tea Committee, dont le siège est à Londres, qui publie chaque année un Annuaire Statistique d’une grande valeur informative, permettant de mieux comprendre le fonctionnement du marché, son passé et les tendances qui se dessinent. Les membres fondateurs du ITC sont les fédérations du thé des grands marchés consommateurs et les Tea Boards des marchés producteurs, puis il y a les sociétés de négoce, les importateurs grossistes et autres opérateurs, qui peuvent demander leur adhésion en tant que corporate ou associate member.
L’assemblée générale de l’ITC se réunit chaque année le premier jeudi du mois de mai, pour permettre aux délégués qui le souhaitent d’assister au Tea Trade Dinner dans la soirée, un autre haut lieu pour rencontrer les décideurs et pour travailler en réseau.
A noter que la toute nouvelle Tea Masters Cup vise la promotion globale du thé par une mise en valeur des professionnels en contact avec le consommateur, la participation est ouverte aux marchés consommateurs et producteurs, sans limitation, le 3e championnat international vient de se terminer, voir dans l’article 6 de ce numéro.






No65 Art.2 De retour de la Gwangju Tea Convention 2017 Portrait du Professeur Keun-Hyung Park,

Enseignant au Collège de l’Agriculture et des Sciences de la Vie de l’Université National Chonnam à Gwangju, le Prof.Park est aussi propriétaire d’une plantation de thé dans la célèbre région de  Boseong. 
Prof.Park et Madame au stand de "Chunpa"
Il est par ailleurs le Président de l’Académie du Thé Coréen et Juge en Chef des concours de qualité et compétition de dégustateurs, il enseigne également la tradition du thé Coréen. C’est donc un homme très occupé et il faut prendre RV bien à l’avance pour un entretien. C’est lors du 5e Boseong Tea Forum, qui s’est tenu à Gwangju du 14 au 17 septembre 2017 qu’il a bien voulu nous donner son avis sur les questions d’actualité dans le domaine du thé Coréen.



Comme cela arrive parfois, les débuts d’une structuration de filière passent par des conflits entre terroirs, entre écoles d’enseignement et aussi entre personnes, un processus de clarification,qui ne doit pas durer trop longtemps; son grand souhait est donc de voir l'unification des chapelles et factions, pour réunir tous les efforts d'enseignement et de promotion sous un seul organisme faîtier  . Il nous confirme que la production de thé en Corée est estimée aux alentours de 5.000t en 2016, dont environ 40% proviennent de Jéju, une île volcanique à 200km au sud des côtes, aux terrains riches, plats et exploités mécaniquement. Les environ 60% restant viennent des régions de Boseong et Hadong, des terres vallonnées non loin des côtes sud de la péninsule. Boseong jouit d’un IGP depuis 2005 et les thés fins des premières cueillettes sont vendus à des prix très élevés, donc difficiles à exporter.
les prix pour 40g 
En 2016 il avait participé à la tea expo avec un joli stand, présentant son jardin "Chunpa", d’une surface de 5 ha, et où il produit des thés verts et des thés wulong.  Sur le stand il y avait son épouse et sa belle sœur, les deux en tenue Hanbok, le vêtement traditionnel. Chaque fois qu’il évoques son jardin de  thé son visage s’illumine d’un sourire heureux, car c’est là qu’il met en pratique une partie de son enseignement.
Il indique que les cueillettes de printemps sont faites manuellement, tandis que les feuilles plus tardives sont récoltées avec des « tondeuses » opérées par une ou deux personnes. Cela  se voit bien, car dés que les rangées de théiers ont un aspect manucuré, c’est tondeuse ou autre machines, alors que les rangées « un peu échevelées » traduisent la cueillette manuelle. Les contraintes des coûts de production sont de plus en plus difficiles à gérer, d’où ce recours aux récoltes mécaniques, devenu incontournable, dès la fin du printemps.
avec Yeo Yeon et Min A Choo 

L’autre souci capital vise donc  l’unification des structures de la profession afin de mettre au point une stratégie bien ciblée pour la promotion des thés auprès des jeunes générations, qui sont peu attachées aux traditions culturelles, fortement basées sur le Bouddhisme. Les programmes d’initiation au thé et à la méditation, proposés pour passer le week end dans certains temples, attirent les curieux et les touristes, mais ne semblent pas créer un intérêt réel. L’impact sur la consommation de thé est faible alors que la soif de café des jeunes Coréens continue à grandir, hélas !
Cette évolution préoccupe vivement le Prof.Park, et il cherche des solutions pour rendre le thé plus attrayant, plus actuel, plus moderne, tout en appréciant l’implication des religieux, dont le célèbre Vénérable du Thé Yeo Yeon, dont les interventions bienveillantes et directes lors de tous les événements du thé sont toujours appréciées par les médias et le public.
Il y a en Corée un grand problème de barrière de langue, qui rend des échanges quasiment impossibles ; de plus les jeunes étudiantes bénévoles qui assistent les visiteurs ne connaissent rien au thé, ce qui surprend !donc les étapes se franchissent très lentement.
Cela dit, il est impossible de trouver un thé de qualité dans les relais, cafés et autres kiosques, alors qu’avec les thés verts en poudre largement commercialisés on pourraient préparer des lattes froids délicieux et disponibles pour le grand public dans les endroits touristiques , au moins!! Toutefois à condition d’utiliser un lait végétal, car l’extrait de thé vert avec un lait de vache n’est pas digeste pour les populations asiatiques, selon Camellia Siow, une professionnelle du thé de la Malaisie qui connait bien la Corée.
Une belle avancée toute récente est le lancement du "Korean Breakfast Tea", voir l’article 4 de ce même numéro, qui propose un assemblage élégant de thés noirs bio du pays dans une formulation "occidentale".Mais il reste encore tellement à faire, notamment pour sortir des traditions trop rigides et trop attachées aux personnes d’un âge avancé, toute en préservant les racines du bouddhisme qui valorisent le thé, soupire le Professeur Park.









No 65 Art.3 Les Thés blancs, feuilles élégantes aux vertus nombreuses.

Cette catégorie de thés continue à fasciner à la fois producteurs et consommateurs par la beauté de leurs feuilles! Elle continue aussi à faire l’objet d’investigations scientifiques pour comprendre et étayer leurs bienfaits sur le corps et le mental. 
Les experts nous disent que le thé blanc remonte à la dynastie des Song du Nord (960-1127) et qu’il est mentionné pour la première fois dans le Traité du Thé de l’Empereur Hui Zong (1101-1126), qui donne de nombreux détails sur le processus de fabrication et de la dégustation.

Au départ ces thés viennent de variétés botaniques aux bourgeons richement velues, qui poussent dans le Nord Est du Fujian et on consommait ces tasses principalement pour leurs propriétés "yin", à la fois rafraîchissantes et nettoyantes les organes du corps et la peau. C’est vers 1795 et puis vers 1880 que l’on découvre deux nouvelles variétés botaniques de théiers, dans le comté de Fuding et de son voisinage, c’est d’abord


**le Da Hao, aux gros bourgeons joufflus, qui donne le Bai Hao Yin Zhen, l’aiguille d’argent
** le Da Bai, aux belle feuilles velues, qui donne le Pai Mu Dan, la pivoine blanche.
Et puis il y a
**le Xiao Bai, une variété à plus petites feuilles velues, endémique dans le Nord- Ouest du Fujian, qui est à la base du Shou Mei, le sourcil de longévité, le 3e thé blanc de cette province.
Da Hao et Da Bai 


Les thés blancs sont immédiatement appréciés par les marchés étrangers et continuent depuis plus de cent ans à assurer la réputation de leurs comtés d’origine, notamment Fuding et Zhenghe. Toutefois notons que depuis une dizaine d’années environ ces théiers particuliers ont aussi été implantés dans d’autres provinces de Chine, au Yunnan, au Sichuan et au Hubei en particulier, où on fabrique maintenant aussi de très bons thés blancs.
Pour manufacturer ces thés il ne faut pas seulement des bourgeons et feuilles d’une configuration spécifique mais aussi un grand savoir- faire :
*à commencer par une cueillette minutieusement sélective, uniquement par temps claire,
*suivi d’un fletrissage maîtrisé à l’extérieur et donc sous le soleil,
*suivi d’un séchage à l’intérieur de l’atelier et qui sera souvent chauffé,
*cela avec les bourgeons et feuilles étalés méticuleusement sur les clayettes ….
thé blanc de Yibin Sichuan

Il n’y a donc aucune désenzymation, comme pour le thé vert, ni de cuisson/torréfaction comme pour le thé noir. Les thés blancs sont ainsi les moins transformés de toutes les familles de thé et ne subissent qu’une légère oxydation naturelle, sous le soleil et au cours de séchage. Pour leur permettre de garder un aspect harmonieux et appétissant il faut donc que feuilles et bourgeons possèdent des qualités propres et que fletrissage et séchage soient effectués en grande douceur.
Cela préserve non seulement la beauté des feuilles mais aussi leurs molécules, qui restent quasiment intactes :
* notamment les polyphénols, avec leurs effets anti oxydants et anti-radicaux libres,
*la théanine, un acide aminé, qui se trouve uniquement dans les feuilles du théier et qui
 favorise un mental apaisé et harmonieux, au point que l’on la surnomme " la molécule du bonheur"  
*la caféine, à présence d’autant plus élevée que le bourgeon est jeune et la cueillette printanière.
Ces thés ont fait l’objet d’une importante promotion commerciale en début du millénaire et sont maintenant bien connus des amateurs de thé. Il s’agit d’une petite production qui demande énormément de travail de façonnage, ces thés sont donc assez onéreux.
thé blanc d'Indonésie

Les autres pays producteurs ont également été fascinés par ces thés magnifiques et ont été nombreux à chercher à relever le défi, comme le Kenya, le Malawi et le Rwanda, le Sri Lanka et l’Indonésie, mais souvent ces thés blancs d’ailleurs sont encore plus chers car fabriqués à très petite échelle et sans l’apport d’un savoir -faire basé sur des traditions anciennes.
C’est précisément parce que la Chine considère les thés blancs comme des thés patrimoniaux qu’elle a demandé que l’on établisse des définitions de base pour protéger la qualité de ces thés. L’ISO a donné suite en approuvant après quelques trois années de travail le TR 12591, Rapport Technique du 15 décembre 2013. Ce TR ne limite pas la production des thés blancs à la Chine, mais dit que ce n’est pas la provenance géographique qui compte, mais le cultivar et le procédé, tel que développé au départ dans le Fujian.
Pour bien profiter des qualités subtiles de ces tasses il est conseillé de les infuser avec une eau à 80-85° et assez longtemps, 7 – 10 minutes pour en extraire toute la saveur. La liqueur est très pale et la saveur douce, parfois aux notes minérales , parfois aux notes plus fruitées. Cela dépendra de son origine, de sa variété, de son grade , de l'époque de cueillette, à vous de choisir.


No 65 Art.4 Le breakfast tea se renouvelle

Parmi les habitudes de notre quotidien d’occidentaux la tasse du matin prend une place importante, pour nous réveiller, booster nos méninges, nous donner la pêche ; il est inconcevable de partir au travail sans avoir bu une tasse de café ou de thé pour la majorité des adultes. 
C’est d’abord la caféine qui nous fait du bien, puis'quelle stimule les neurones et active la digestion et  la tasse  hydrate l’organisme après le repos de la nuit. Les mots  déjeuner (F) et  breakfast (E) disent bien tous les deux que l’on interrompe le jeûne de la nuit !
Le thé s’est installé en Grande Bretagne dès le 17e siècle. Il est devenu une boisson populaire grâce aux importations en direct de Thomas Lipton, qui avait acquis 12 plantations à Ceylan en 1872 . Vendu alors beaucoup moins cher le thé se consommait le matin et pendant la journée au bureau et au travail , jusqu’à il y a peu avec du lait et du sucre, donc il stimulait et nourrissait à la fois. 
Les historiens du thé nous disent que l’expression "Breakfast Tea" a été lancée par la Reine Victoria, dont le long règne s’est achevé en 1901, pour désigner un assemblage de thés noirs, tous originaires des colonies de sa couronne.  L’expression « English Breakfast Tea » aurait été lancée dans les années 1940 par un importateur de thé d’origine britannique installé aux Etats Unis.


Aujourd’hui toutes les grandes marques ont leurs formules d’assemblages pour leurs divers breakfast teas, principalement des thés noirs en provenance de l’Assam et du Darjeeling en Inde, du Kenya et de Ceylan, des tasses corsées, maltées, caféinées et hautes en couleur, absolument incontournables pour les habitués, et qui acceptent bien l'ajout de lait.
nouveau concept au design superbe
 Puisque le thé a gagné énormément de terrain depuis une dizaine d’années, le breakfast  tea aussi se réinvente, et il y a maintenant des assemblages à la Russe, à la Française et d’autres. 
Mais dans les pays producteurs cette habitude n’est pas encore installée, loin de là : en Chine on petit déjeune avec une soupe aux nouilles et du tofu, personne ne pense à boire du thé ; au Japon une campagne de promotion toute récente propose aux écoliers de prendre une tasse de thé vert le matin avant de partir à l’école, par contre dans ces mêmes pays l’arrivée du café continue à faire des adeptes, on en propose au petit déjeuner dans les hôtels et le nombre de  coffee shops explose.
Cela peut sembler bizarre que dans les pays d’origine du thé, en Chine, au Japon, en Corée, il n’ y a pas cette habitude de boire un bon thé roboratif le matin. Comme là bas la jeunesse est très attirée par les habitudes de consommation à l’occidentale, l’idée d’y introduire un breakfast tea commence à faire du chemin ! Et en effet les autorités chinoises ont décidé de lancer cette nouvelle formule de consommation en 2017/2018, en proposant des tasses de breakfast tea aux écoliers et tous les jeunes. 

Sharyn entourée de ses fermiers
Dans cette même suite d’idées, Sharyn Johnston, la fondatrice de Australian Tea Masters , 
australianteamasters.com.au 
vient de  créer un  Korean Breakfast Tea  selon un concept unique et original :il s’agit d’un assemblage de thés noirs d'origine, tous bio!! en provenance de récoltes d’automne peu valorisées, et qui sont produits par 12 petits producteurs de thés de la région de Boseong, dans le sud de la péninsule. 
C’est donc un "breakfast tea" d’origine, super premium, qui a été lancé cet été 2017 lors de la tea expo de Seoul et de celle de Gwangju. Fortement caféiné, aux notes de miel, de cuir  et de chocolat, à la fois corsées et moelleuses, et à la tasse délicatement colorée ce thé sera vendu à environ 15$ les 40gr en vrac ou en sachets de 20x2gr, pas donné mais qualité exquise!
la tasse, déconseillée après 15h
 Le chef de file des 12 fermiers producteurs, Pyeongshik aka Charles Moon est absolument enchanté par cette toute première  coopération entre petits producteurs, qui a abouti au lancement d’un assemblage de thés coréens d'origine et présentés selon un style occidental. 
Selon lui le volume disponible sera au maximum de 800 t pour cette première année « et puis nous allons voir où cela nous mène » dit il avec un large sourire.

Inutile de dire qu’ils sont tous en admiration devant  Sharyn Johnston ,leur Professeur es "assemblages de thé" qui leur a permis de mener à bien cette opération vraiment inédite. 
Le breakfast tea, inventé par l’occident il y a 150 ans, semble donc promis à un bel avenir dans les pays producteurs de thé de l’Asie.  





No 65 Art.5 Les motivations des buveurs de thé, études récentes

Le thé gagne du terrain partout dans le monde, il a dépassé le café en nombre de tasses consommées globalement en 2008.
En Europe il continue néanmoins à y avoir de nombreux freins à la consommation hors domicile, donc les coffee shops continuent leur implantation en Orient autant qu’en Occident.
Comment comprendre ?? Comment améliorer ?? Quelle stratégie, quel marketing ??


Une étude importante effectuée par Mintel en 2016 au Royaume Uni donne quelques éléments clé : en très vaste majorité les consommateurs préfèrent le thé préparé selon leurs habitudes, à la maison, au thé consommé hors domicile. Donc ni la sélection proposée ni la manière de préparer la tasse leur agrée ; de plus ils trouvent que le prix demandé pour une tasse si peu à leur goût est  trop élevé, bigre ! 
C’est vraiment un constat étonnant dans un marché aussi traditionnellement consommateur de thé que la Grande Bretagne !!
A noter aussi que "Teavana", acheté au prix fort par Starbucks aux USA il y a trois ans, ferme les portes de ses comptoirs de thé parce que la demande ne suit pas.

Le thé serait-il donc une tasse si difficile à préparer ?? pour satisfaire les expectations d’un consommateur averti et qui se serait aventuré en dehors de sa maison de thé habituel ?? Faut croire !
les prix dans un M&S à Londres mai 2017

Les chiffres de consommation explosent par contre lorsqu’on parle de thés prêts à boire, en bouteille ou canette, les extraits haut de gamme aussi attirent les consommateurs et puis tous les assemblages thés et plantes, qui annoncent des bienfaits pour la santé.

Cette étude de Mintel montre en effet que pour les thés prêts à boire la fonctionnalité « bienfaits pour la santé « vient très largement  en tête, suivie des effets fonctionnels, tels que anti oxidant.
Sans aucun doute la vie stressé des jeunes générations génère un besoin absolu de praticité, suivi d’un grand souhait de bienfaits , vie saine, boisson naturelle, apport de molécules bénéfiques , tout en cherchant la satisfaction d’une tasse de grande qualité gustative et qui possède une histoire de provenance lointaine.


En interrogeant les experts et les prescripteurs on constate que le thé semble diviser entre  les  "avaleurs de tasses boostantes" et les "amateurs de tasses exquises", sans proposer un pont et sans prévoir une vraie brigade de conseillers bien formés, qui vous expliquent l’incroyable choix entre les différentes origines et les différentes méthodes de transformation, et qui vous donnent envie de vous lancer dans un changement d'habitudes, ou vers plus de thés occasionnels.
Cette même étude constate que pour le café la fonctionnalité " boostant" vient largement en tête, suivi par les effets "antioxydant" et "boost du métabolisme"….

C’est certain que l’industrie du café a énormément investi dans la communication et que l’industrie du thé a du rattrapage à faire.
Les majors de thé, Lipton, Tetley’s , Twinings  sont tous à la recherche de la bonne formule pour valoriser le thé à sa juste mesure, l’ approche pédagogique figurant en tête. Peut -être   le tout nouveau Concours Mondial de la  "Tea Masters Cup" va attirer une nouvelle génération de professionnels qui mettra plus de bons thés dans nos tasses et  hors domicile et à la maison!!


No 65 Art.6 La Teamasters Cup International, voici les Gagnants du 3e Championnat


Selon le rapport super vivant de Tony Gebely, le juge des USA, voilà un aperçu de cet événement
**qui a eu lieu du 25 au 27 septembre 2017
**dans la ville de Enshi, à l’ouest du Hubei et qui
**a réuni 29 participants venant de 13 pays
**pour concourir dans 4 épreuves : préparation de la tasse/assemblage thés et    mets/mixologie/identification des origines .
inauguration officielle par YU Lu
la VP du CCCFNA

Les performances des candidats ont été évaluées par un pannel de juges, dont le chief judge Denis Shumakov- Russie, Tony Gebely- USA, He Jie-Chine, Sharyn Johnston- Australie, Gabriella Lombardi-Italie, William Lee- Corée, Nguyen Thi Anh Hong- Vietnam.
Tous les candidats présents avait auparavant gagné le concours 2017au niveau national, comme cela est le cas dans les championnats mondiaux qui existent déjà depuis de longues années pour le café, notamment le World Barista Championship.
Enfin le thé se met aussi à l’ouvrage et cette toute nouvelle TMC le fait d’une manière parfaitement spectaculaire, bravo à son fondateur, Ramaz Chanturiya, qui gère l' ensemble des opérations avec son frère David, dans leur bureau à Moscou. 
www.teamasterscup.com
A ne pas oublier que les Russes boivent du thé depuis bien plus longtemps que les Britanniques !! donc rien de surprenant que ce nouveau concept ait pris son envol de Russie.
pour visionner en anglais, avec bien plus d'images voir le rapport de Tony Gebely:
 https://worldoftea.org/2017-tea-masters-cup-finals/
Ramaz et David Chanturiya avec
Gabriella Lombardi ,Juge, Italie

Le championnat 2017 a été organisé avec l’aide de la Chambre de Commerce de Chine pour l’agro-alimentaire-CCCFNA, il a été combiné avec un Forum International sur le Thé, des conditions idéales pour réunir un grand public de pros du monde entier et offrir une logistique somptueuse.
Voilà un résumé des épreuves et les noms des gagnants :
** préparation de la tasse : en deux parties, d’abord 3 thés et des accessoires imposés et puis un thé avec accessoire choisis par le candidat : l’évaluation a porté sur la manière d’infuser et de présenter le thé, et puis l’arôme le goût et la longueur en bouche de la liqueur ;
Le gagnant, Dmitriv Filimonov, Ukraine a préparé un FF de Goomtea TE , Darjeeling, en extraction différentielle, une méthode mise au point par lui-même qui utilise 3 globes Hario, superposés, contenant chacun des feuilles sèches, le premier infusé, la liqueur passe dans le 2e et se mélange aux feuilles sèches , et puis au 3e , ce qui donne un résultat sublime et surprenant,
La 2e place a été attribuée à Andrei Ivanov, Lituanie, la 3e à Daineko Alissii , Russie.
** assemblage thés et mets : là aussi 2 parties, d’abord avec des ingrédients et 3 thés imposés et puis une proposition du candidat avec ses propres recettes et un thé choisi librement ;l’évaluation a porté sur la manière nette et soignée de procéder, sur l’aspect appétissant, le goût et le potentiel pratique de l’ensemble.
Le gagnant : Andrei Ivanov, Lituanie : avec un Menghai 2008avec une mandarine garnie avec du gingembre frais, du chili frais, le tout arrosé de miel ; l’idée était de combiner des notes amères, aigres, salées et sucrées ; la présentation sur une ardoise voulait rappeler la mer Baltique et les forêts de la Lituanie.
Les Gagnants de la TMCI 2017

La 2e place : Dorothy Chan, Australie, la 3e Dave Lim ,Singapour.
** Mixologie : en deux parties aussi, avec thés et ingrédients imposés et puis thés et ingrédients librement choisi par le candidat : l’évaluation a porté sur la manière et les techniques pour préparer et présenter, l’aspect appétissant, les qualités organoleptiques, l’harmonie avec le thé et le potentiel pratique de la recette.
Le gagnant : Katerina Vymazalova, République Tchèque : avec une boisson à base de sencha, agrémentée d’une banane en purée, de jus de citron et du miel, décorée avec un écrasé de banane et puis quelques cristaux de sel rose de l’Himalaya ; elle a nommé cette boisson « tea monkey » .
La 2e place :Valerio Vitiello, Italie, la 3:Tatyana Filimonova : Russie
**Dégustation à l’aveugle et identification des thés : l’épreuve consiste à identifier d’abord une série de thés d’origine et puis une série de thés en assemblages, également avec des plantes. L’évaluation porte sur le nombre des identifications correctes dans un laps de temps imparti.
Le gagnant : Jacub Rysavy, République Tchèque, qui a identifié correctement 4 des 5 thés d’origine et 2 des 3 assemblages.
La 2e place : Andrei Ivanov, Lituanie, la 3e :Dmitriv Filimonov, Ukraine.
Un déroulement très professionnel sur les 2 jours et demi et des résultats très applaudis !Plein d’idées à rapporter à la maison !
Bravo aux gagnants et grand merci aux juges, attentifs , compétents et totalement voués à leur tâche ! Et en avant pour 2018 !






Le Numéro 64 du 16 juillet 2017 : le Sommaire


 Article 1 : Les petits Producteurs de Thé

Article 2 : La Kenya Tea Development Agency- KTDA
                  Portrait de L.S.Tiampati, son CEO

Article 3 : Le Thé Pourpre du Kenya

Article 4 : Les Thés au Jasmin de Fuzhou, Fujian, Chine

Article 5 : le "Buchu "

Article 6 : La World Fair Trade Organization

N°64 Art.1 Les petits producteurs de thé

Premier maillon et contributeurs  indispensables de la chaîne  d’approvisionnement ces small holders, comme on les appelle en anglais, fournissent environ 2/3 du volume mondial de thé. Selon les estimations de la FAO les petits producteurs apportent plus de deux tiers du volume en Chine et au Vietnam, environ 60% au Kenya et au Sri Lanka, 35% en Indonésie et 30% en Inde.
au Darjeeling

Ces dizaines de millions de familles cultivent du thé dans leurs parcelles, généralement ensemble avec d’autres cultures, soit vivrières et pour leur propre consommation, soit commerciales comme des épices entre autres. Tout en étant ce maillon de première importance, ces petits producteurs sont aussi le maillon le plus faible. Pour améliorer leur productivité il est donc recommandé de leur apporter des énergies motivantes, notamment sous forme d’un prix rémunérateur, une formation de base et des structures leur permettant un positionnement correcte sur le marché.


Ce sont là des mots qui montrent une  prise de conscience des grands opérateurs, mais leur traduction en faits et actes est lente et parfois à peine entamée.
théiers et légumes photo Rishi

Agir et apporter ainsi des améliorations concrètes est pourtant devenu incontournable pour freiner l’abandon de la théiculture,
**soit par le remplacement des théiers par des plantes plus rémunératrices : tel que le palmier  à huile, en Indonésie et au Bangladesh notamment, ou par le café, au Yunnan ;
**soit par l’abandon des jardins, qui deviennent des friches, comme cela se passe actuellement dans certaines régions  en Assam ou au Dooars, en Inde.
Cette problématique n’est pas réservée au thé seulement, elle est la même pour le café, qui compte environ 25 millions de familles de petits producteurs dans le monde, ce qui représente  environ  125 million de personnes
Les deux cultures, thé et café, demandent beaucoup de main d’œuvre, mais la cueillette du thé est encore plus exigeante, car la feuille fraîche a besoin d’être traitée dans la journée, alors que la cerise de café est moins fragile avec le grain  bien protégé à son intérieur.
Travailler les feuilles, soit par un flétrissage/séchage dans leurs greniers et granges sur place , soit en usine suite à des ramassages dans la journée est donc d’une nécessité absolue et il faut y répondre par la mise en place d’une logistique  appropriée. Les besoins élémentaires des petits cultivateurs de thé ont donc enfin attiré l’attention des instances à la fois gouvernementales et privées, en vu de leur intégration dans des plateformes de regroupement et des coopératives, pour les sortir de l’isolement et reconnaître leur importance économique.
la cueillette du jour

Les objectifs de ces structures sont multiples, les intérêts se situent bien en amont et en aval, des deux côtés, mais la mise en œuvre est un travail de longue haleine.
L’économie mondiale du thé est encadrée, voir gérée, par le Groupe Intergouvernemental –IGG - sur le Thé de la FAO, qui se réunit en session plénière environ tous les 18/24 mois pour faire le point sur l’offre et la demande, dans un souci de les maintenir en équilibre pour que les prix qui restent rémunérateurs. Les incidents de la météo avec des épisodes de sécheresses ou d’inondations, de la politique avec des frontières fermées et des importations irrégulières, des changements d’alliance accompagnés de mouvements de devises etc. ne facilitent pas les choses. Par ailleurs une politique de prévention de plus en plus restrictive de l’UE et d’autres marchés occidentaux impose depuis quelques années des contrôles sur les pesticides notamment. Ces exigences réglementaires excluent maintenant certains pays fournisseurs de l’accès aux marchés Européens, alors que les très grands consommateurs de thé comme la Russie et le Pakistan, et qui ont une législation bien moins rigoureuse, boivent leurs millions de tasses de thé tous les jours sans le moindre effet néfaste  pour la santé public !! bien au contraire ! les effets bénéfiques du thé sur la santé sont largement démontrés et reconnus par tous !
La NPT ne cherche aucunement à polémiquer, mais voudrait attirer l’attention sur un ensemble de  faits économiques qui mérite d’être mieux compris et mieux connu.
Pour mettre en place une meilleure prise en compte des petits producteurs et explorer des solutions leur apportant mise en valeur et rémunération appropriées de leur labeur, l’IGG Thé de la FAO a crée une « Confédération Internationale des Petits Producteurs de Thé » lors de sa session plénière au Kenya en mai 2016.
C’est Rachmat Badruddin, le Président du Tea Board de l’Indonésie qui en a été nommé Chairman ; c’est justement en Indonésie où l’abandon de la théiculture par les petits producteurs a pris des proportions alarmantes depuis une dizaine d’années, il connaît donc bien le dossier et les difficultés de la situation !
vente en bordure de jardin

Plus le pays est vaste et les régions de production espacées, plus il semble difficile de mettre des plateformes en place. Parfois ce sont des grands propriétaires eux-mêmes, et qui comptent sur l’apport des volumes des petits fermiers, qui prennent les choses en main. Ainsi le groupe Indien TPI gère plusieurs jardins en coopérative au Darjeeling et en Assam, facilitant l’accès des petits producteurs à leurs usines et apportant formation et suivi sur le plan des cultures. Il en est de même pour Kabepe Chakra, la plus importante société privée de production de thé en Indonésie, qui a pris en charge des groupements de petits producteurs, en leur fournissant un suivi social, des formations et un cadre collectif motivant ainsi qu’un approvisionnement direct et privatif en énergie par l’installation de micro stations hydrauliques dans certains jardins.
Il est important que les consommateurs soient informés du quotidien au bout de la chaîne, pour contribuer à ce désenclavement  indispensable en acceptant de payer un prix juste.

Dans l’article 2 vous verrez toute une série de réalisations effectives  qui améliorent les conditions de vie des petits producteurs de thé au Kenya, et cela dans une ruralité maintenue constructivement et qui permettent de progresser vers un futur meilleur.

N°64 Art.2 La Kenya Tea Development Agency - KTDA


Portrait  de Lerionka S. Tiampati son Directeur Exécutif

La NPT vous avait présenté Lerionka S.Tiampati en mai passé, lorcequ’ il avait été invité de présider au Tea Trade Dinner annuel de Londres, le 88e depuis sa création. Cette institution mondaine britannique est la rencontre annuelle des opérateurs du monde du thé, qui se déroule depuis bientôt un siècle sous les chandeliers en cristal de l’immense salle de balle du mythique Hôtel Savoy, sur le bord de la Tamise. Dans une ambiance feutrée les sociétés invitent à leur table, on peut circuler entre les plats et les toasts à la Reine et au marché du thé, et donc croiser de nombreux invités arrivés d’Asie,  d’Afrique et des Amériques pour cet événement prestigieux. Le Président de ce diner est choisi par le Tea Trade Dinner Committee, et bien que traditionnellement Britannique depuis de longues années il y a  depuis peu une belle ouverture vers d’autres nationalités.
L.Tiampati , à droite avec son Chairman
P.Kanyago
 Après avoir invité le Président de la Tea Association des USA cela a été le tour du PDG d’une grande société Indienne et cette année le choix s’est porté sur le Directeur Exécutif de la Kenya Tea Development Agency, Lerionka S.Tiampati, le premier tea man  Africain à la tête de ce diner annuel mémorable .
Il a été présenté aux convives par le Président du Diner de l’an passé, un autre de ces rituels, qui est Philip Miles, le PDG sortant de Van Rees BV, un de plus gros grossistes importateurs de thé du monde.



Ainsi la NPT a appris  tous plein de détails sur cet homme qui est originaire de la tribu des Maasaï, une population semi nomade d’éleveurs guerriers, qui appartient aux ethnies nilotique. Ecolier régulièrement  primé il a suivi des études de commerce à l’Université de Nairobi et puis en Angleterre, ce qui l’a fait rapidement être appelé  à des postes importants de décideur dans le domaine agro alimentaire de son pays. Sa carrière dans le thé a commencé en 2001, comme Directeur de la Ketepa –Kenya Tea Packers- la grande société national de conditionnement de thés appartenant à la KTDA, avant d’être nommé en 2004 à la tête de KTDA, où il exerce cette fonction  de Directeur Général Exécutif depuis.
à Dubai pour une Table Ronde

La KTDA est en fait le plus gros groupement organisé de petits producteurs de thé du monde, comme le montrent les chiffres annoncés ; elle regroupe
**plus de 560.000 petits fermiers
**qui produisent environ 60% du volume annuel du Kenya, 264.000t de thé en 2016,
**ces thés sont  travaillés dans les 67 usines gérées par l’agence
**et qui emploient en plus environ 12.000 personnes, générant ainsi  un emploi indirect pour plus de 4 millions de Kenyans,
une très lourde tâche et qui ne lui laisse que peu de temps pour sa femme et ses quatre enfants et encore moins pour  ses sports favoris de jeunesse, le hockey et la course à pieds.

Par contre quel chemin parcouru  depuis les 12 années passées à faire face aux défis et aux changements du marché, avec des concurrents toujours très actifs et une clientèle qui ne cesse de bouger, face aux  aléas de la politique et du climat, qui s’imposent sans merci ! C'est un business model qui a le vent en poupe!
 Il est aisé de découvrir les plus récentes parmi les nombreuses réalisations et programmes que la KTDA a mis en route pour améliorer la situation des petits producteurs en parcourant leur lettre d’information, qui paraît environ tous les deux mois, le "Chai Bulletin ",
***dans le domaine pédagogique :
** il y a tout d’abord, et depuis 2009, le programme pour éduquer les fermiers vers la pratique d’une agriculture durable, leur proposant les bonnes méthodes de propagation par boutures, une gestion appropriée de l’eau et des fertilisant, apports clés pour la prospérité des théiers,
avec des session d’information et des ateliers pour échanger et partager leur expérience ; NB :en 2016 le nombre de cultivateurs formés a atteint le chiffre de 85.000,
**un nouveau projet vise à apporter les bases d’une bonne gestion financière, savoir lire un compte, établir des prévisions et faire des réserves, diversifier les cultures et faire un plan pour l’année, un outil important pour donner plus de statut avec une gestion ciblant l’autonomie économique,
**des bourses d’études pour les enfants des fermiers qui montrent des aptitudes pour un cursus universitaire ;
***dans le domaine pratique et de bon fonctionnement :
**l’installation progressive de petites stations d’énergie hydro-électrique
**la collectivisation de l’achat d’engrais, pour obtenir ces sacs, 50kg pour 700 théiers, à meilleur compte que chacun pour soi,
**une société TEMEC- Tea Machinery & Engineering Company- qui fournira  des équipements et des machines pour les usines et en assurera l’entretien,
**un plan de afforestation énorme, qui vise la plantation de 8 millions d’arbres par an , pendant 5 années, à la fois pour fournir du bois de chauffe pour les usines et pour capturer le CO2, principalement de l’eucalyptus à la pousse très rapide
**un nouvel entrepôt de stockage à Mombasa au volume agrandi  et à la  logistique moderne
**et puis à ne pas oublier la KETEPA, l’usine de tea packing de la KTDA, qui fournit le marché domestique en thés de toute sorte, avec une nouvelle gamme de thés aromatisés en sachets qui fait fureur.

A noter qu’au Kenya ce sont les hommes qui cueillent le thé, fièrement et farouchement opposés à une éventuelle mécanisation !
A noter aussi que l’incroyable essor de l’industrie du thé du Kenya va de pair avec une croissance spectaculaire de la population, qui est passé de  moins de 10 millions en 1966 à 47 millions en 2016, impressionnant.
Ce groupement superbe et dynamique de petits producteurs, la structure la  plus importante de ce type au monde, demande en effet toute son énergie et son attention  à son CEO . De le voir ainsi  chaleureusement  félicité par ses pairs à Londres pour les résultats brillants de sa gestion était un vrai plaisir.